Götz Arndt

Exposition Parcours –  » fil et faille, meute »

L’H du siège présente une exposition de Götz Arndt, sculpteur allemand né en 1962 à Calw, qui vit et travaille en région parisienne. Tailleur de pierre formé en Bavière, Götz Arndt est diplômé des Beaux-Arts de Paris en 1992 et dirige collégialement le laboratoire matière / espace avec Fabrice Vannier et Philippe Renault. Depuis 2007, il est enseignant et chef d’atelier à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris.

« Sculpteur, ses œuvres minérales, minimalistes et pleines de poésie sont la plupart du temps faites in situ. Au cœur de l’espace public ou privé, elles jouent avec l’architecture présente quitte à créer d’intéressants décalages. La résistance au temps est donc l’une des préoccupations de Götz Arndt, en plus du rapport qu’entretient le volume avec l’espace. Béton, coquillages, granit, acier… les matériaux utilisés sont aussi massifs qu’ils ont l’air fragiles et légers dans des sculptures qui défient l’apesanteur. Son atelier explore les matériaux, leurs enjeux et leur façonnage en tenant compte de l’espace, des lignes de force, de la densité des matières et de multiples déclinaisons possibles dans les formes. Il a réalisé des commandes publiques en Allemagne, au Luxembourg, en France et expose en Europe comme en Asie. Ses œuvres sont présentes dans des collections privées et publiques. »[1] Selon Birgit Sonna : « Les ensembles sculpturaux de Götz Arndt sont souvent des objets fragiles, disposés d’une main légère dans l’espace, comme un écho aux structures solides des constructions environnantes. […] Rien ou presque n’est plus difficile, plus essentiel aussi, qu’une installation sculpturale dans l’espace produisant un effet tout naturel et reflétant, tel un microcosme, le grand Tout, à l’image d’un jardin zen. »[2]

L’exposition à L’H du Siège sera l’occasion pour l’artiste de concevoir une installation in situ, en résonance avec l’espace d’exposition et ses singularités en termes d’architecture, de matérialité et de lumière. La proposition inédite, intitulée Fil et faille, meute, repose sur un groupuscule de pierres taillées de manière semblable et asymétrique. Ces « triangles à gueule fracassée, amputée en carré »[3] disposés au sol telle une meute animale ne sont pas sans rappeler l’oeuvre de Joseph Beuys, The Pack(1969). Est présente une dimension animiste pouvant évoquer des mythes anciens amérindiens où l’animal est figé en blocs de pierre pour l’éternité. Les pierres employées sont variées : travertin de Tivoli, marbre de Carrare, calcite de Dublin, grès de la Forêt noire, granit d’Afrique du Sud, calcaire de Bourgogne-Massangis… Cet ensemble de roches hétérogènes, telle la pluralité des pelages d’un troupeau, décline tout un panel de couleurs et de matières géologiques. La horde de pierres, à l’image d’une procession, semble aimantée vers une direction unique : un grand monticule de graviers coupé en deux par une faille jusqu’à sa base, point de mire organisant tout le mouvement de l’installation. Celle-ci est prolongée par d’immenses fers à béton qui se déferlent de manière sinueuse et dynamique telles des ondes sismiques dans toute la longueur de l’espace d’exposition et ce jusqu’aux murs et au plafond. Ce déploiement paysager de métal, de roches et de gravats exprime à la fois une puissance accumulée, une tension et une énergie libérée. Entre domestication et état sauvage, cette chorégraphie chaotique et coordonnée convoque autant la puissance animale que notre monde post-industriel en quête de sens. Selon les dires de Jean-Yves Jouannais, c’est « un monument dédié à la poétique des ruines, à la langue des gravats et des décombres. »[4]

H. D.

[1]Biographie de l’artiste sur le site de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris l’https://beauxartsparis.fr/fr/professeur/arndt / [2] Birgit Sonna, Le vide aisément soutenable de l’espace in catalogue Götz Arndt, 2001 /  [3] Jean-Yves Jouannais, Typologie des décombres, 2026, texte pour l’exposition Parcours de Götz Arndt, Fil et faille, meute, L’H du siège, septembre-novembre 2026. / [4]Ibid.

Parcours est un format d’exposition monographique qui privilégie la présentation d’œuvres produites pour l’occasion mises en perspective avec des œuvres antérieures. L’accrochage est le fruit d’un dialogue avec l’artiste invité. Il doit permettre de poser un regard et de nourrir une réflexion, tout en offrant les conditions favorables à sa perception auprès des publics.

* Légende du visuel : Carrière de Massangis, 1993, Crédit photographique : Götz Arndt
Visible du 11 septembre au 21 novembre 2026 ouvert du mardi au samedi de 14h à 18h

sauf jours fériés, entrée gratuite.

 

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